Tiers Livre et Scriptopolis sont à l’origine d’un projet de vases communicants : chaque premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre. Circulation horizontale pour produire des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
Aujourd’hui, je reçois Zoë Lucider, qui elle-même m’invite sous son Arbre à Palabres où vous pourrez lire ce que j’ai écrit pour elle vers midi.
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Mon bagage est de vent
heureux ceux qui portent des évidences
ceux qui sabrent les moulins
ceux que le jour traverse sans nuit
il parait que je vis
ciels et nuages me gouvernent
mon sang voyage
mes mains bougent, pattes d’oiseaux
mes cheveux poussent en murmurant
il parait que j’ai vécu
lente alchimie corrosive
de miels et d’acides
de laits et d’alcools
il parait que je suis née
petite miss pourquoi
why and what for
est-ce qu’on répond à une telle question ?
ma traine est de cendres chaudes
heureux ceux qui s’habillent de mailles,
ceux à qui l’habit sied,
ceux que l’idée cuirasse sans défaut
il parait que je suis
ondes et souffles me traversent
mon oeil clignote
et mes genoux s’endorment
mes cheveux poussent en murmurant
il parait que je serai
simple érosion fluide de grains et de poudre
de sciure et de lave
il parait que je mourrai
why and what for
est-ce qu’on questionne une telle réponse

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Participent également aux Vases communicants de novembre :
Ligne de vie et Balmolok
Frédérique Martin et Lephauste
Enfantissages et La méduse et le renard
Annie Rioux et Philippe Maurel
Tentatives et Brigitte Célérier
Pierre Ménard et Joachim Séné
A chat perché et Kill me Sarah
Petite racine et Juliette Mézenc
Joli Zoë, on est bien dans ton arbre.
La Méduse et le Renard, c’est un programme aérobien
j’aime beaucoup (mais why et what for je ne sais pas, la musique que ça fait je crois)
merci la poèsie ne vaut que si elle est musique avant tout
Heureux ceux qui s’habillent de mots …
Heureux ceux qui les déshabillent
votre langage est aussi d’alizés
heureuse celle qui apporte des délivrances
vous qui rendez des ailes même aux moulins
vous pour qui le jour ne nie pas la nuit
qui ne nie ni la nuit, ni les brouillards
merci pour cette attention
Je confirme.
Firmament ?
Mmmh, ça me rappelle une chanson que j’adore de Peggy Lee : “Is that all there is”. Tiens, ma Zoë : http://www.youtube.com/watch?v=qe9kKf7SHco
Ici, y’a pas l’image, mais le son est meilleur, et c’est pas coupé, grmbll : http://www.youtube.com/watch?v=3VscVP_Gt_s&NR=1
Oh merci, c’est vrai, c’est tout à fait the mood et la version deux est de bonne qualité, l’autre craquouille et comme tu dis qu’elle bloque , j’ai stoppé tout de suite
Il y a de belles images dans ce poème Zoé dont ” ceux que l’idée cuirasse sans défaut”. Cela me rappelle une interview de Bobin sur France Culture où il parlait des questions qui vont plus loin que les réponses.
Au passage, ton texte vaut le détour, je le dis pour les vagabonds qui manqueraient de curiosité
Nouveau blog que je découvre aujourd’hui. Bon, je m’aperçois que j’ai pas mal à lire. Je vais donc y aller doucement, jour après jour. Le poème de Zoë Lucider est une totale réussite. Vice-versa, je file sur son blog lire ton texte…
Je suis contente de te lire, Jonavin. Sais-tu que te lire me manque ?
Merci. Vous allez voir et vous faites bien
Ca va Anna ? C’est pratique ce mode de réponse, on a le texte sous les yeux. Sur Blogger, c’est fastidieux non ?
Blogger est un cauchemar pour les commentateurs, c’est pour cela que je n’utilise pas cette plateforme pour bloguer
M’en vais m’informer pour changer pitêtre parce que je ne suis pas très douée pour ces histoires de transport
j’&tais passée juste un peu trop tôt, et comme il y a eu un trou dans la journée j’ai failli ne pas lire et rencontrer cette autre perdue dans le vent, imprécise
Je suis allée vous lire et comprend mieux votre appréciation
Quelle découverte! Je suis totalement sous le charme de ce poème, les cheveux qui poussent en murmurant, les accents des béatitudes, tout j’aime tout.
Et moi j’aime votre “enfantissages”, quel joli mot valise de tendresse
Ferme Amant !
Rooooh, quelle bonne trouvaille. Décidément irremplaçable
en plus c’est écrit gros comme j’aime , du moins comme aiment mes vieux yeux de bientôt 70 ans bien contés !
oui , ça c’est de la trouvaille , u’re bloody right , Zoë !
Quelle verve ! Quelle habileté dans le phrasé et le gargouillement de mots ! bravo!
les gargouilles gazouillent
Salut Zoë… J’ t’ai dit que je l’ trouvais pas mal passqu’y m’ semblait que l’envol est très beau et les “intentions louables” come on dit dans les salons qui savent causer…
Une p’tite question en plusieurs points : Tu t’interroges en anglais, toi ? Même quand t’étais p’tite ?… Langue maternelle ?…
Bon, c’est l’ truc qui m’a paru curieux. Sinon, t’as vraiment b’soin de poser la question… Elle est implicite et lisible partout…
Mais c’st une impression toute personnelle.
J’ suis à la limite de l’outrecuidance, y en a même qui vont dire que j’ suis l’outrecuidance incarnée sur c’ coup-ci, mais bon, je m’ f’rai une raison.
Sinon, t’imagines bien c’ que je pense de toi et de ton esprit (amen).
J’ai oublié le point d’interrogation à “… t’as vraiment b’soinde poser la question ?” Désolé.
j’ai aimé parler anglais très tôt. Mais non tu n’es pas outrecuit juste à point, voire saignant.http://s.wordpress.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif
Désormais, j’écouterai mes cheveux quand ils poussent. Et les ongles, ont-ils aussi leurs murmures ?
Ma foi, des ongles, je ne connais que le grincement sur le tableau noir, très éprouvant pour les gencives
Questionner une réponse, merci pour cette fin interminable !
heureusement qu’un point c’est tout.
C’est bien, aussi, quand tu parles sans lien de blogs…
Limite, je préfère;o)
Parler de façon déliée, tous les jours sauf le dimanche, y a trop de vent ce jour là
“Ondes et souffles me traversent”, comme un réceptacle ouvert à toutes les sensations, à l’écoute ou à la vue, au sentiment ou à l’assentiment…
Poème de légèreté grave.
Ah! Dominique, je te guettais en disant Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?
Pige rien à ton nouveau blog, Anna. CÈKIKÉKRIKWA dans les commentaires ?
céunekivapartir, t’inquiète
Merki Anna de ton accueil
Et on continue de s’causer
Un poème qui se descend et se remonte avec autant de bonheur.
@ Frédérique : C’est parce que Bobin connait déjà les réponses. Les questions débordent ceux qui possèdent déjà la réponse. La question les tue. Qu’en conclure?
Vous lisez Bobin ? Vous savez que vous êtes magnifique quand vous lisez Bobin ?
Moi aussi… Mais je n’ai rien vu dan mon miroir.
(ça ne marche que pour Dupluloin tu crois?)
Un jour, nous vase-communiquerons…
Aussi ?
Anna de Sandre c’est un nom pour raconter un roman complètement romanesque. J’apprends à vous lire et j’aime apprendre,l’art de l’arpenteur à travers tous ces vases qui communiquent.
& thanks